USD/JPY
BaissierLe seul actif porté par deux moteurs qui ne dépendent pas l'un de l'autre : la Banque du Japon continue de remonter ses taux, et les anticipations américaines viennent de s'effondrer.
Calibration en construction — aucun bilan mensuel n'est clôturé à ce jour. Aucun taux de réussite n'est donc affiché sur cette page : annoncer une performance avant d'avoir de quoi la mesurer serait un chiffre trompeur, pas une information.
L'or a gagné 7,67 % — une semaine sur cinquante. L'explication habituelle serait une baisse des taux, qui rend l'or moins coûteux à détenir. Cette explication est fausse cette semaine : le taux de référence américain corrigé de l'inflation n'a pas bougé du 3 au 6 août, et il a même monté pendant que l'or accélérait. L'autre explication serait un dollar qui faiblit ; il n'a perdu que 0,20 %, l'un de ses parcours les plus immobiles en deux ans. Les deux causes évidentes sont écartées par la mesure, et c'est l'information la plus utile de la semaine — parce qu'un mouvement sans moteur identifié se dimensionne petit, pas grand.
Chaque carte compare deux nombres, et c'est tout le principe de la page. Ma probabilité que l'actif monte cette semaine, face à ce qui arrive d'habitude — la fréquence historique de hausse, mesurée sur vingt ans ou davantage. Si les deux se ressemblent, je n'apprends rien à personne. Cinq actifs s'en écartent assez pour qu'on puisse parler d'avantage ; mais deux d'entre eux sont le même pari qu'un troisième — la mesure de corrélation le prouve, plus bas. Il reste trois idées, pas cinq.
Un mot sur les noms, une fois pour toutes. EUR/USD se lit « combien de dollars vaut un euro » : quand la paire monte, c'est la première monnaie qui se renforce. XAU/USD désigne l'or — XAU est son code international — mesuré en dollars l'once.
Le seul actif porté par deux moteurs qui ne dépendent pas l'un de l'autre : la Banque du Japon continue de remonter ses taux, et les anticipations américaines viennent de s'effondrer.
Un acheteur qui ne regarde pas le prix : les banques centrales ont acheté 289 tonnes au deuxième trimestre, en hausse de 62 % sur un an. Mais la position est très étirée.
La structure technique la plus propre des huit, exactement sur son niveau pivot. Rétrogradé parce que son moteur fondamental n'a pas transmis la semaine dernière.
Chaque barre mesure le mouvement de la semaine rapporté à ce que cet actif fait d'habitude. Un actif calme et un actif nerveux ne se comparent pas en pourcentage : ils se comparent en écarts-types. C'est la seule façon de mettre l'or et l'euro sur la même échelle.
Deux actifs qui montent et descendent ensemble ne sont pas deux idées : c'est une idée prise deux fois, avec deux fois le risque et aucune diversification. Voici la mesure, refaite cette semaine sur les 52 dernières semaines — parce qu'une corrélation se déforme et ne se cite pas de mémoire.
| Paire d'actifs | 52 semaines | 20 ans | Un seul pari ? |
|---|---|---|---|
| S&P 500 ↔ Nasdaq-100 | +0,929 | +0,921 | oui — déjà le cas |
| EUR/USD ↔ USD/CHF | −0,844 | −0,689 | oui — nouveau |
| EUR/USD ↔ GBP/USD | +0,797 | +0,612 | oui — nouveau |
| GBP/USD ↔ USD/CHF | −0,794 | −0,460 | oui — nouveau |
| EUR/USD ↔ AUD/USD | +0,734 | +0,544 | oui — nouveau |
| EUR/USD ↔ USD/JPY | −0,656 | −0,270 | non, mais s'en approche |
| XAU/USD ↔ EUR/USD | +0,302 | +0,370 | non — vraie diversification |
| XAU/USD ↔ USD/JPY | −0,153 | −0,280 | non — quasi indépendants |
Un actif sans opportunité a droit à sa fiche et à son invalidation nommée. Sinon, on ne saura jamais si l'on avait raison de l'écarter — et c'est précisément là que se cache l'erreur qu'on ne corrige jamais.
Qui achète, qui vend, sous quelle contrainte. La Banque du Japon est la seule grande banque centrale encore en train de remonter ses taux depuis un plancher extrême. Chaque hausse réduit l'écart de rendement qui finance le portage — emprunter en yen bon marché pour placer en dollar mieux rémunéré. Quand cet écart se referme, ceux qui portent cette position doivent racheter du yen pour en sortir.
Qui achète, qui vend, sous quelle contrainte. L'or ne verse aucun revenu : le détenir coûte exactement ce qu'on renonce à gagner ailleurs. Quand la probabilité d'une hausse de taux s'effondre, ce coût baisse et l'or vaut mécaniquement plus cher. S'y ajoute un acheteur d'une autre nature : les banques centrales, qui n'arbitrent pas et achètent pour constituer des réserves.
Qui achète, qui vend, sous quelle contrainte. La Banque centrale européenne a relevé ses taux en juin, sa première hausse depuis trois ans, et se déclare prête à recommencer en septembre. Si les anticipations américaines continuent de se dégrader pendant qu'elle tient ce discours, emprunter de l'euro pour parier contre lui coûte plus cher — et ceux qui l'ont vendu à découvert doivent le racheter pour sortir, ce qui fait monter son cours.
Qui achète, qui vend, sous quelle contrainte. La Banque d'Angleterre ne peut pas baisser ses taux : sa propre projection voit l'inflation culminer autour de 3,2 % en fin d'année, contre une cible de 2 %. Un taux qu'on ne peut pas baisser retient les investisseurs obligataires étrangers, qui n'ont pas de raison de sortir.
Qui achète, qui vend, sous quelle contrainte. La Banque nationale suisse tient son taux à zéro avec une inflation prévue à 0,6 % — elle n'a aucune raison de bouger. Le franc s'apprécie donc par défaut quand le dollar faiblit, mais la banque centrale déclare explicitement sa disponibilité à intervenir pour freiner cette appréciation. Il y a un vendeur de dernier ressort, et sa capacité est illimitée dans sa propre monnaie.
Pourquoi je m'abstiens alors que ma conviction dépasse la référence. Une référence est elle-même une mesure imprécise : sur 1 043 semaines, l'AUD/USD a monté 52,1 % du temps, mais la vraie valeur est quelque part entre 49,0 et 55,1 %. Dire « je pense 55 % » quand la référence pourrait déjà valoir 55 %, ce n'est pas avoir un avantage : c'est être dans le bruit de la mesure. On ne prend pas position, ni petit, ni grand.
Pourquoi je m'abstiens. Cet indice monte 57,4 % des semaines depuis vingt ans — c'est sa pente naturelle. Ma conviction est de 57 %. Je ne sais donc rien de plus que ce que la pente dit déjà, et prendre position reviendrait à confondre suivre le courant avec avoir une analyse.
Même mécanisme que le S&P 500, amplifié. Les bénéfices attendus des grandes valeurs technologiques sont les plus lointains du marché, donc les plus sensibles au taux qui les ramène à aujourd'hui. C'est pourquoi il a gagné 5,12 % quand le S&P 500 gagnait 3,58 %.
Une prévision honnête ne dit pas « l'euro finira à 1,17 ». Elle dit « il y a tant de chances qu'il finisse entre ceci et cela ». Le pourcentage qui accompagne chaque bande n'est pas théorique : il est mesuré sur l'historique de cet actif, et son nombre de semaines est indiqué.
Un événement ne donne jamais la direction. Il donne la date. La bonne réponse à une semaine chargée n'est pas de rester à l'écart — ce serait renoncer à ce que le marché paie ces jours-là — c'est de réduire la taille.
Le plafond est de 2 % du capital par position, atteignable seulement sur très forte conviction, avec 0,5 à 1 % comme base — et 6 % pour l'ensemble du portefeuille. Mais cette semaine, ce n'est aucun de ces deux chiffres qui contraint : c'est la corrélation.
| Pari | Expression retenue | Motif | Risque |
|---|---|---|---|
| Yen pari autonome | USD/JPY baissier | le seul avec deux moteurs indépendants ; mais son moteur n'a pas transmis la semaine passée | 1,5 % |
| Or pari autonome | XAU/USD haussier | acheteur structurel réel, position très étirée, événement à double tranchant mercredi | 1,0 % |
| Bloc dollar quatre expressions, un seul pari | EUR/USD haussier — une seule ligne | elle ne prend pas euro + livre + franc en même temps : la mesure prouve que ce serait la même idée | 1,0 % |
| Indices | — | les deux échouent au seuil d'avantage, et ils ne comptent de toute façon que pour une ligne | 0 % |
| Chaleur totale du portefeuille | 3,5 % sur 6 % autorisés | ||
Chaque thèse a été argumentée à l'envers avant d'être figée. Voici ce qui subsiste comme risque réel — écrit avant la semaine, pas après.
Cette page reste vivante toute la semaine. Chaque matin, la thèse est réévaluée : ce qui a changé, ce qui s'est invalidé, ce qui se confirme. Elle ne repart pas de zéro — elle évolue.
Une analyse qui ne se fait jamais noter peut se tromper indéfiniment sans que personne ne s'en aperçoive — l'auteur le premier. Les neuf paris ci-dessous sont donc écrits avant, avec le critère exact qui tranchera. Aucun ne pourra être réinterprété après coup, et aucun ne sera retiré s'il tourne mal.
| Pari | Ma probabilité | D'habitude | Écart | Ce qui tranchera |
|---|---|---|---|---|
| USD/JPY monte | 45 % | 53,8 % | −8,8 | clôture de vendredi 17 h 00 à New York |
| L'or monte | 56 % | 52,8 % | +3,2 | fixing de Londres de l'après-midi |
| EUR/USD monte | 55 % | 50,2 % | +4,8 | clôture de vendredi 17 h 00 à New York |
| GBP/USD monte | 53 % | 48,6 % | +4,4 | clôture de vendredi 17 h 00 à New York |
| USD/CHF monte | 46 % | 49,9 % | −3,9 | clôture de vendredi 17 h 00 à New York |
| AUD/USD monte | 55 % | 52,1 % | +2,9 sous le seuil | clôture de vendredi 17 h 00 à New York |
| S&P 500 monte | 57 % | 57,4 % | −0,4 sous le seuil | clôture de la séance de vendredi à New York |
| Nasdaq-100 monte | 58 % | 57,6 % | +0,4 sous le seuil | clôture de la séance de vendredi à New York |
| L'or bouge plus que le bloc dollar | 52 % | 45,9 % | +6,1 | variation de la semaine en valeur absolue, l'or contre la plus agitée des quatre paires — une baisse marquée de l'or fait donc gagner ce pari |
Aucun score n'est encore affiché, et ce n'est pas une omission. Le premier paraîtra vendredi soir ; le premier chiffre qui voudra dire quelque chose demandera plusieurs mois. Au rythme de cette semaine — neuf paris —, trois cents lignes réclament environ trente-quatre semaines. Une page qui afficherait un taux de réussite dès la première semaine afficherait du bruit en le faisant passer pour un résultat.
Les termes employés plus haut sont expliqués là où ils apparaissent ; ce lexique les rassemble pour qu'on puisse y revenir sans relire la page. Deux d'entre eux — manipulation et contango — n'apparaissent pas encore plus haut : ils posent le vocabulaire des mises à jour quotidiennes, où la lecture descend dans le détail des graphiques.