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Ichor · Analyse de la semaine LUNDI 10 → VENDREDI 14 AOÛT 2026 · SEMAINE 33

Ce que vous lisez : huit marchés, une lecture par semaine, écrite avant que la semaine ait lieu. On explique ce qui bouge et pourquoi ; chacun décide ensuite pour lui-même.

Fiabilité mesurée à ce jour : aucun avantage démontré. Le premier bilan mensuel est clos : une seule prédiction a été résolue et notée, avec un score de +0,36 face à la fréquence historique. Ce chiffre a l'air bon et ne prouve rien : sur une seule prédiction, quelqu'un qui répondrait au hasard obtiendrait souvent mieux. Il faut plusieurs dizaines de résolutions avant qu'un score veuille dire quelque chose — et aucun taux de réussite n'est affiché ici, parce qu'un taux ne mesure rien quand on annonce des probabilités.

Le verdict de la semaine

L'or a fait sa plus grosse semaine depuis des années. Ce n'est ni la peur, ni le dollar, ni le métal.

L'or a gagné 7,67 % — une semaine sur cinquante. Sept explications circulent ; six se mesurent, et six s'effondrent à la mesure. La baisse des taux ? Le taux américain à dix ans corrigé de l'inflation est passé de 2,47 % à 2,40 % : sur les 135 dernières semaines, un recul de cette taille déplace l'or d'environ 0,19 %, et même au bout le plus favorable de la fourchette on n'explique que 6,8 % de la hausse. Un dollar qui faiblit ? C'est le test le plus tranchant, et il est net : la même once a gagné 7,48 % en euros, 8,56 % en francs suisses et 5,92 % en yens. Quatre-vingt-quinze pour cent du mouvement survit hors du dollar — la devise n'en explique qu'un vingtième. La peur ? Le pétrole a reculé de 7 % et les actions américaines ont fini la semaine sur un record ; et l'argent a monté plus vite que l'or, ce qui est la signature d'un mouvement spéculatif, jamais d'une fuite vers la sécurité. Une ruée sur le métal ? À Shanghai, l'once se paie 0,24 % moins cher qu'en Occident : la demande asiatique est absente. Ce qui reste tient en une phrase : il ne reste rien qui explique la hausse. Le seul candidat sérieux arrive trop tard : la probabilité que la banque centrale américaine remonte ses taux en septembre est tombée de 54,6 % à la clôture de jeudi à 43,9 % après le rapport sur l'emploi du vendredi — mais 78 % de la hausse de l'or était déjà acquis avant ce vendredi-là. Un effet ne précède pas sa cause. Ce qui reste tient donc en une phrase désagréable : le moteur de ce mouvement n'est pas identifié — et un mouvement qu'on n'explique pas se dimensionne petit, pas grand. C'est la seule conclusion que la mesure autorise ; le détail des sept explications testées est plus bas.

La hausse de l'or, jour par jour, du 3 au 7 août 2026 Cinq barres verticales. Lundi 3 août plus 0,04 pour cent. Mardi 4 août plus 1,39. Mercredi 5 août plus 3,00, la plus haute de loin, jour d'une enquête privée sur l'emploi très inférieure aux attentes. Jeudi 6 août plus 1,46. Vendredi 7 août plus 1,59, jour du rapport officiel sur l'emploi américain. Le mercredi représente à lui seul quatre dixièmes de la semaine. 0 % +3 % lundi 3 +0,04 % mardi 4 +1,39 % mercredi 5 +3,00 % enquête emploi privée jeudi 6 +1,46 % vendredi 7 +1,59 % rapport emploi le plus gros jour : 4 dixièmes de la semaine, deux jours avant le chiffre officiel
Fixing de Londres, la référence même qui servira à trancher le pari de la semaine. Les deux plus fortes journées portent le même thème : l'emploi américain se dégrade. Mercredi, une enquête privée annonce 44 000 créations de postes là où l'on en attendait 65 000 à 70 000 ; vendredi, le chiffre officiel sort carrément négatif. Le marché n'a donc pas attendu le rapport officiel — il l'a anticipé sur son avant-goût, ce qui explique que le plus gros jour tombe avant l'événement le plus attendu.
Nervosité du marché
CalmeMesuré le 3 août : se protéger dans trois mois coûte plus cher que se protéger tout de suite — personne ne redoute de choc imminent
Ce qui commande la semaine
L'inflation américaineMercredi 12 août, 14 h 30 — attendue à 3,4 %. Puis, à 19 h 00, une vente de dette américaine à dix ans : deux événements le même jour
Moteurs distincts
TroisLes taux américains une fois l'inflation retirée — ce qu'on appelle les taux réels · la normalisation monétaire japonaise · l'écart de nervosité entre les grandes familles d'actifs
Paris indépendants
QuatreLes huit actifs se réduisent à quatre paris réellement distincts, mesuré cette semaine
Huit colonnes dressées dans le noir. Une seule est lumineuse et dépasse toutes les autres ; les sept restantes, sombres, n'ont pas bougé.
Huit actifs suivis, une seule semaine hors norme. L'or a fait 7,67 % pendant que le bloc des devises restait immobile — et c'est précisément cet écart, plutôt que la hausse elle-même, qui rend la semaine difficile à lire.
Les sept mots de la méthode — les trois premiers servent dès cette page, les quatre autres reviennent dans les mises à jour du matin
Un pari
Une prédiction écrite à l'avance, et notée vendredi. Ce n'est pas un ordre : personne ici ne vous dit d'acheter ou de vendre, et cette page ne fixe aucun objectif de gain ni niveau de sortie. Le mot « pari » dit seulement qu'un chiffre a été annoncé avant de savoir, et qu'il sera confronté au résultat. Nuance qui compte : les cibles et les rapports gain/risque que vous verrez cités appartiennent aux graphiques du trader, sont lus sur une image, et ne tranchent jamais un pari — seuls les seuils écrits le dimanche le font.
Le seuil d'invalidation
Le prix qui tue le pari. Chaque idée de la semaine est écrite le dimanche avec, à côté d'elle, un prix précis : si le marché l'atteint, l'idée est déclarée fausse et on ne la rattrape pas. Il est fixé avant et ne bouge plus jusqu'à vendredi — c'est ce qui rend le pari jugeable au lieu d'être une opinion qu'on réajuste.
Le rejet
Le signal qui autorise à entrer. Le prix vient toucher une zone, il n'y reste pas, et il repart d'où il venait. Tant qu'on ne l'a pas vu, la méthode interdit d'agir : toucher une zone n'est pas y réagir. C'est une règle, pas une hésitation.
L'origine acheteuse (ou vendeuse)
L'endroit précis d'où un mouvement est parti la dernière fois. On le repère parce que le prix y a laissé une trace nette : il est passé, il a réagi, il est reparti. Les huit « zones » de cette page sont des origines de ce type. Ce n'est pas une promesse : c'est un endroit où quelqu'un a déjà agi, et qui pourrait agir encore.
La golden zone
Quand un prix revient sur ses pas, la bande située entre la moitié et les deux tiers du chemin parcouru (50 % à 61,8 %). C'est une zone d'attente, jamais un prix auquel on entre : elle dit où regarder, pas quoi faire.
La manipulation
Le faux mouvement qui précède le vrai. Le prix dépasse brièvement un niveau que tout le monde surveille, déclenche les protections de ceux qui y étaient, puis repart dans l'autre sens. Le mot décrit ce qu'on observe, il ne prétend pas nommer un coupable : c'est du langage de travail, pas une explication démontrée du marché.
La bougie d'engagement
La barre de prix qui confirme : large, fermée nettement du côté attendu, sans longue mèche contraire. Elle sert à distinguer « le prix a touché la zone » de « quelque chose s'y est réellement passé ». Sans elle, une réaction n'est qu'une coïncidence de niveau.
Mardi 11 août · 10 h 45

Ce qui a changé aujourd'hui : un pari est tombé, et c'est arrivé hier soir à 20 h

Ce mardi, en trois lignes — si vous ne lisez rien d'autre.
  1. Une idée est morte hier soir (le yen), et on ne la remplace pas. Chercher à rester à trois idées serait exactement le réflexe qui fait prendre des positions médiocres.
  2. Rien de neuf ne se décide aujourd'hui. Le chiffre qui arbitre la semaine tombe demain à 14 h 30 : aujourd'hui est un jour où l'on allège, pas où l'on ajoute.
  3. Une seule chose à surveiller : USD/CHF vers 0,8140. C'est le seuil le plus proche d'être franchi, à 0,34 %.

Avant tout, deux mots, parce que rien de ce qui suit ne se comprend sans eux. Chaque idée de la semaine est écrite le dimanche avec, à côté d'elle, un prix qui la tue : c'est son seuil. Si le marché franchit ce prix, l'idée est déclarée fausse et on ne la rattrape pas. Et un « pari », ici, est une prédiction écrite à l'avance et notée vendredi — jamais un ordre : personne sur cette page ne vous dit d'acheter ou de vendre.

Hier, cette page annonçait que la divergence entre les deux étages ne resterait pas théorique longtemps, et qu'une seule journée ordinaire sur le yen suffirait à la trancher. C'est fait. Le pari « le yen se renforce » a franchi le seuil qui l'annule, et il l'a franchi lundi à 20 h 00, pendant la séance américaine — pas ce matin sur un marché japonais fermé pour jour férié. Un mot sur la façon de lire ce chiffre : sur USD/JPY, chaque heure de marché laisse un dernier prix, sa clôture ; et quand la paire monte, c'est le dollar qui gagne et le yen qui perd. La première clôture horaire au-dessus de 159,15 est tombée lundi à 20 h 00, à 159,236. Depuis, quinze des dix-sept clôtures horaires sont restées au-dessus, et la plus haute a atteint 159,356 mardi à 9 h 00 — soit 0,21 au-delà du seuil. Pourquoi ce dépassement est décisif : deux fournisseurs de prix ne cotent jamais exactement pareil, et l'écart entre les deux qui servent ici a été mesuré à 0,011. Le dépassement vaut donc cinq fois la marge d'erreur qu'on s'autorise : il ne peut pas s'expliquer par un désaccord de cotation. Une clôture isolée aurait pu être un accident ; celle-là, non. Précision d'honnêteté : deux clôtures sont repassées juste sous le seuil dans la nuit (159,150 et 159,145). Le franchissement n'est donc pas ininterrompu — cette page l'a écrit ce matin, c'était inexact, et la correction ne change pas le verdict.

Pourquoi ce pari est mort, en une phrase de marché : il reposait sur l'écart entre les taux japonais, qui montent, et les taux américains, dont on attendait la baisse. Le mécanisme, pour qui ne le connaît pas : l'argent va là où il est le mieux rémunéré — si les taux japonais montent pendant que les taux américains baissent, garder des yens rapporte relativement plus, donc on en achète, et le yen se renforce. C'est cet écart qui portait le pari. Les anticipations américaines se sont retendues, l'écart s'est refermé contre la thèse, et la Banque du Japon n'a rien ajouté qui puisse compenser. Ce n'est pas un échec : c'est une information — et elle n'a de valeur que parce que le seuil avait été écrit quatre jours plus tôt, chiffré, avant de savoir.

Et voici ce que cette mort change pour les sept autres paris — c'est le vrai enseignement de la journée. Le yen n'est pas tombé sur une nouvelle japonaise : il est tombé sur la retente des taux américains. Or c'est exactement le même canal qui doit faire rebondir le dollar contre la livre, le franc suisse et le dollar australien. Le pari perdu ne disparaît donc pas du tableau : il vient de montrer que ce canal a mordu une fois, dans le sens du dollar. Une observation, pas une fréquence — c'est une raison de surveiller les trois autres de près, jamais de les considérer comme acquises. À surveiller ce soir à 19 h : si l'État américain emprunte mal, le canal pousse encore — et le prochain seuil à céder serait celui du franc suisse, à 0,34 %.

Le rebond du dollar, lui, a commencé. Le dollar mesuré contre un panier de devises se tient à 99,88 contre 99,71 hier — un indice sans unité, construit autour de 100 : ce qui compte est sa variation, jamais sa valeur. Et il vient de repasser au-dessus de sa moyenne des deux cents derniers jours : la moyenne de ses deux cents derniers prix, au-dessus de laquelle la tendance de fond est considérée haussière, en dessous baissière. Beaucoup de programmes automatiques achètent ou vendent sur ce seul franchissement — ce qui la rend vraie en partie parce qu'on y croit. Le dollar monte contre toutes les monnaies suivies ici sauf une : la livre, immobile à +0,03 %.

Et voici le fait le plus instructif de la matinée. La banque centrale australienne a laissé son taux inchangé à 4,35 %, à l'unanimité, en prévenant qu'elle pourrait encore le monter si l'inflation dérape. C'est exactement l'inverse du risque qu'on avait nommé dimanche pour le dollar australien. Et le dollar australien a baissé quand même (−0,30 %). Quand une monnaie ignore sa propre banque centrale, c'est qu'un moteur plus fort la tient ailleurs : cette semaine, ce moteur est américain.

L'or, enfin, demande une précision qui change le verdict. Sur l'écran il monte : 4 364 ce matin. Mais le pari sur l'or se juge au fixing de Londres de l'après-midi, un prix officiel arrêté chaque jour à 16 h 00 heure de Paris — et au dernier fixing connu, celui de lundi, l'or vaut 4 324,45, soit −0,26 % sous le point de départ. Les deux chiffres sont vrais ; un seul compte pour le pari. Confondre les deux serait mesurer la semaine sur le mauvais instrument.

  • Toute la journéeUSD/CHF vers 0,8140 — c'est désormais le pari le plus proche de tomber, à 0,34 %. Une clôture du jour au-dessus et le bloc des devises bascule entièrement du côté de la lecture de court terme.
  • Toute la journéeGBP/USD dans sa zone — une clôture de quatre heures qui se referme sous 1,3480 après une pointe plus haute signerait le rejet attendu : le prix touche la zone, n'y reste pas, et repart. Sans ce rejet, la méthode interdit d'entrer : c'est une règle, pas une hésitation.
  • Toute la journéeLe dollar vers 100,04 — s'il repasse et tient au-dessus, cinq lectures techniques se réveillent en même temps, parce qu'elles sont le même pari.
  • 16 h 00Fixing de Londres sur l'or — la seule mesure qui engage le pari sur l'or. Le prix affiché ce matin n'engage rien.
  • 19 h 00L'État américain emprunte 58 milliards à trois ans. Une demande faible ferait remonter les taux, le canal même qui a tué le pari sur le yen.
  • Demain 14 h 30L'inflation américaine. Consensus : 3,4 % sur un an. C'est le juge qui départage les deux étages — et la raison pour laquelle aujourd'hui est un jour où l'on réduit, pas où l'on charge.
Ce qui ressort

Il n'en reste que deux — et la première de la semaine est tombée

Chaque carte compare deux nombres, et c'est tout le principe de la page. Ma probabilité que l'actif monte cette semaine, face à ce qui arrive d'habitude — la fréquence historique de hausse, mesurée sur vingt ans ou davantage. Si les deux se ressemblent, je n'apprends rien à personne. Dimanche, cinq lectures franchissaient le seuil d'avantage ; deux ont été écartées parce qu'elles rejouaient le même pari que l'euro (corrélations +0,797 et −0,844) — prendre les trois ensemble n'aurait rien diversifié. Il en restait donc trois. Depuis lundi soir, il n'en reste que deux : la première, sur le yen, a franchi le seuil qui l'annule. Elle reste affichée ci-dessous, barrée plutôt qu'effacée — une analyse qui fait disparaître ses paris perdants n'apprend rien à personne non plus.

Un mot sur les noms, une fois pour toutes. EUR/USD se lit « combien de dollars vaut un euro » : quand la paire monte, c'est la première monnaie qui se renforce. XAU/USD désigne l'or — XAU est son code international — mesuré en dollars l'once.

Annulé lundi 20 h

USD/JPY

Baissier

Seuil franchi : le pari est mort. Il reposait sur l'écart entre des taux japonais qui montent et des taux américains qu'on attendait en baisse. Les anticipations américaines se sont retendues et l'écart s'est refermé contre la thèse. Quinze des dix-sept clôtures horaires se sont refermées au-dessus de 159,15 depuis lundi 20 h, la plus haute à 159,356.

Ma probabilité de hausse45 %
D'habitude53,8 %
Écart8,8 pts
Rang 1

XAU/USD

Haussier

Le seul pari qui ne soit pas une ligne sur le dollar : les banques centrales achètent sans regarder le prix — 289 tonnes au deuxième trimestre, +62 % sur un an. Premier par élimination, pas par renforcement : le taux réel américain qui devait le porter a bien baissé sur la semaine — 2,47 % au 31 juillet, 2,40 % au 7 août — mais sept centièmes de point n'expliquent qu'environ 0,19 % de mouvement, mesuré sur 135 semaines, contre les 7,67 % constatés. Le moteur existe ; il est trop petit pour ce qui s'est passé.

Ma probabilité de hausse56 %
D'habitude52,8 %
Écart3,2 pts
Rang 2

EUR/USD

Haussier

La structure technique la plus propre des huit. Affaibli depuis hier : le dollar se redresse contre le panier, et l'euro est repassé sous sa moyenne des deux cents derniers jours — la ligne que suivent les programmes automatiques, donc un endroit où la vente s'entretient elle-même.

Ma probabilité de hausse55 %
D'habitude50,2 %
Écart4,8 pts
Les probabilités ci-dessus n'ont pas été retouchées, et ce n'est pas un oubli. Elles ont été écrites dimanche à 19 h 05, avant de connaître quoi que ce soit de la semaine. Les corriger aujourd'hui donnerait une page plus flatteuse et une mesure sans valeur : on ne peut pas juger une prévision qu'on réécrit en cours de route. Ce qui change en semaine, c'est l'état de chaque thèse — tenue, affaiblie, annulée — jamais le chiffre annoncé.
Deux idées affaiblies la veille du chiffre qui les arbitre : c'est un jour où l'on allège, pas où l'on ajoute. La méthode vise une à trois idées par semaine — un nombre qui décrit ce que le marché offre d'habitude, pas une case à remplir. Remplacer le pari tombé par un autre, pour rester à trois, serait exactement le réflexe qui fait prendre des positions médiocres.
Le suivi de la semaine

Mises à jour quotidiennes

Cette page reste vivante toute la semaine. Chaque matin, la thèse est réévaluée : ce qui a changé, ce qui s'est invalidé, ce qui se confirme. Elle ne repart pas de zéro — elle évolue.

Mardi 11 août · 10 h 45

Le pari le plus convaincu de la semaine est celui qui est tombé le premier

Hier, deux paris étaient « à portée d'une seule journée ordinaire ». L'un des deux est tombé la nuit même, à 20 h 00, sur la séance américaine. Ce n'était pas le moins probable : c'était celui qui affichait le plus grand écart à la fréquence historique — huit points et demi, le double des autres. Une conviction forte n'est pas une conviction juste, et c'est précisément ce que la note de vendredi mesurera.

Le second, sur le franc suisse, est désormais le plus proche de tomber à son tour : 0,34 %, moins que ce que le franc parcourt un jour ordinaire. Les six autres ont de la marge.

Deux corrections apportées à cette page aujourd'hui, écrites ici plutôt qu'effacées. Une page qui se corrige en silence demande qu'on lui fasse confiance ; une page qui écrit ses corrections se laisse vérifier.
  • 13 h 45 — l'accord sur les indices. Cette page avait d'abord écrit que les deux lectures étaient d'accord sur les deux indices américains. C'était faux : le graphique du Nasdaq porte une zone de vente à quatre rejets et une cible tracée. L'accord ne vaut que pour le S&P 500.
  • Dans la journée — la cible du Nasdaq. La cible affichée valait 29 060, qui était celle de lundi. Celle de ce matin est 28 896, soit sous le seuil d'invalidation. Un chiffre juste la veille devient faux le lendemain : c'est la raison pour laquelle chaque niveau de cette page porte désormais sa date.
Distance entre la mesure de ce matin et le seuil qui annule le pari. Tous les seuils ont été fixés dimanche, avant de connaître ces prix — aucun n'a été retouché depuis. Les deux indices portent leur clôture de lundi soir : les marchés américains n'ouvrent qu'à 15 h 30. L'or porte le fixing de Londres de lundi, seul prix qui engage ce pari-là.
PariMesureSeuilMarge
Le yen se renforce159,356 clôture de 9 h159,15annulé
Le franc se renforce0,81120,81400,34 %
L'euro monte1,15351,14900,40 %
Le dollar australien monte0,70500,70100,57 %
La livre monte1,34971,33900,80 %
Le Nasdaq monte29 62228 9542,31 %
Le S&P 500 monte7 7537 5552,62 %
L'or monte4 3244 2002,88 %

Ce qu'il faut en retenir : le pari sur le yen a été annulé par le même mécanisme qui menace maintenant celui sur le franc — un dollar qui se redresse. Ce ne sont pas deux accidents séparés : c'est un seul mouvement qui traverse toutes les monnaies à la fois. Demain 14 h 30, le chiffre de l'inflation américaine dira si ce redressement était une respiration de deux jours ou un retournement.

Lundi 10 août · 13 h 00

Aucun pari n'a bougé, mais l'un d'eux est à deux dixièmes de tomber

Aucun seuil d'invalidation n'a été franchi, et aucun pari n'est résolu : ils le seront tous vendredi à la clôture. Mais deux d'entre eux sont désormais à portée d'une seule journée ordinaire — et ce sont exactement ceux que le scénario technique déclencherait s'il se réalisait.

Distance entre le prix mesuré ce matin et le seuil qui annulerait le pari. Le seuil a été fixé dimanche, avant de connaître ces prix.
PariPrixSeuilMarge
Le yen se renforce158,81159,150,21 %
L'euro monte1,15541,14900,55 %
Le franc se renforce0,80850,81400,68 %
Le dollar australien monte0,70650,70100,77 %
La livre monte1,34991,33900,81 %
L'or monte4 3344 2003,09 %
Le Nasdaq monte29 72228 9542,58 %
Le S&P 500 monte7 7587 5552,61 %

Ce qu'il faut en retenir : le désaccord entre les deux lectures ne restera pas théorique longtemps. Il suffit d'une journée normale sur le yen pour que la lecture chiffrée soit démentie sur ce pari-là — et ce serait une information, pas un échec : c'est précisément pour ça que le seuil avait été écrit à l'avance.

Ce qui rendrait cette lecture fausse

La passe adverse

Chaque thèse a été argumentée à l'envers avant d'être figée. Voici ce qui subsiste comme risque réel — écrit avant la semaine, pas après.

  • ① Le risque principalToute cette lecture repose sur une seule semaine d'observation. Si le découplage entre l'or et les devises est un accident, alors le vrai moteur reste le dollar, et les huit actifs suivront le mouvement général au lieu de leurs moteurs propres. Ce qui trancherait : si mercredi le chiffre d'inflation déplace les cinq paires ensemble et fortement, la lecture est fausse et il faudra la retirer, pas l'aménager. Et sur chaque actif pris isolément, le juge est la bougie d'engagement : tant qu'une zone n'a produit qu'une mèche, elle a été touchée, pas défendue.
  • ② La corrélationLes mesures à 52 semaines reposent sur 52 observations, sans intervalle de confiance publié. Le resserrement du bloc devises est peut-être un artefact d'une période courte plutôt qu'un changement de régime.
  • ③ L'or après presque trois écarts-typesAucune continuation n'est mesurable après une forte semaine, la position est tendue à court terme, et les moyennes restent empilées à la baisse. La conviction haussière tient par le mécanisme, pas par l'élan.
  • ④ Le seuil d'avantageIl mesure le bruit de la référence, pas la compétence de celui qui prédit. Sur l'or, dont l'échantillon de référence compte 3 025 semaines observées, la barre n'est que de 1,8 point — donc facile à franchir. (Ce nombre diffère volontairement des 3 044 variations qui servent au cône : on ne compte pas la même chose — des semaines de hausse ou de baisse d'un côté, des variations d'une semaine à l'autre de l'autre.) Le franchir est une condition nécessaire, jamais une preuve d'avantage.
  • ⑤ Non mesuréLe rapport de volatilité du vendredi 7 août n'a pas pu être relevé : le régime « calme » annoncé en tête de page repose sur la mesure du 3 août, complétée par un raisonnement de sensibilité — pas sur une mesure du jour de clôture. Manquent également les niveaux d'options sur les indices, la volatilité attendue à jour sur les devises, et les horizons intermédiaires de quatre actifs sur huit. Aucune thèse ne s'appuie dessus, mais leur absence réduit ce qui pourrait converger. (Cette liste annonçait aussi « le positionnement des spéculateurs sur l'euro et le yen » : c'était faux, et cette page se contredisait elle-même, puisqu'elle publie le yen à −45 473 contrats dans son propre tableau plus haut. Les huit contrats étaient au dossier, arrêtés au 4 août. Retiré le 10 août.)
  • ⑥ L'outillage n'est pas certifiéLes écarts-types, les cônes et les taux de couverture affichés ici sont produits par des programmes dont la suite de contrôle n'a pas été rejouée depuis leur dernière modification. Chaque chiffre reste reproductible — la commande exacte figure au journal — mais il porte cette réserve. Elle touche toutes les mesures de cette page : la taire serait plus grave que de l'écrire.
  • ⑦ La thèse a été corrigée deux foisCette page devait s'intituler « un mouvement de taux ». Une première vérification a semblé la réfuter : le taux américain à dix ans corrigé de l'inflation valait 2,43 % le 3 août et le 6 — strictement inchangé.
    Sauf que cette fenêtre-là avait été choisie après coup, et elle ne correspondait pas au mouvement. Sur la fenêtre qui compte, vendredi 31 juillet → vendredi 7 août, le taux réel a bel et bien baissé de sept centièmes de point. L'argument de signe était donc faux.
    La conclusion survit, mais pour une autre raison, et c'est elle qu'il faut retenir : ce n'est pas que le taux n'a pas bougé, c'est qu'il a trop peu bougé — une baisse de cette taille déplace l'or d'environ 0,19 %, mesuré sur 135 semaines, contre 7,67 % constatés. Un argument de signe dépend de la fenêtre qu'on choisit ; un argument de suffisance, non. C'est la leçon de méthode la plus transposable de cette page : quand une vérification donne le résultat espéré, il faut se demander sur quelle fenêtre, avant de s'en réjouir.
  • ⑧ USD/JPY n'était pas un prix libreUne intervention de change conjointe entre le Japon et les États-Unis — la première depuis 1998, et la première d'achat de yen — a eu lieu le 31 juillet, confirmée le 3 août, pour un montant estimé entre 37 et 59 milliards de dollars selon les sources. Le +0,24 % de la paire n'est donc pas le résultat d'un marché libre : c'est ce qui reste après une vente publique. Les fréquences historiques, calculées sur des semaines sans intervention, ne s'appliquent pas telles quelles à celle-ci — et la prédiction sur cet actif doit être lue en le sachant. Un détail rarement relevé et qui touche l'euro : le Trésor américain finance ce type d'opération en vendant des euros, pas des dollars. Il existe donc un vendeur officiel d'euros, insensible au prix, susceptible de revenir à chaque nouvelle intervention — une offre qui n'apparaît dans aucun modèle de flux privés. Source secondaire : le montant et le mécanisme de financement sont rapportés par la presse financière ; le ministère japonais ne publie ses montants qu'une fois par mois, la confirmation officielle est attendue fin août.